RDA incontournable ?

Les écueils de RDA pour une application dans les bibliothèques françaises

Un seul scénario probant

En même temps qu'il constituait la norme RDA, le JSC a proposé trois scénarios d'utilisation du code. Or, seul celui consistant à se diriger vers une structure véritablement FRBRisée des catalogues est véritablement pertinent en ce qui concerne les bibliothèques françaises. Le scénario 2 ne constituerait pas une réelle avancée, et le 3 pourrait être considéré comme une régression. L'adoption de la norme RDA ne constitue donc pas une fin en soi.

Un code anglo-saxon...

Le comité technique sur l'adoption de RDA en France a mis en avant le fait que ce code se situait, malgré ses ambitions, dans le prolongement des AACR. Bien qu'il ait vocation à être adopté de manière très large, il reprend de nombreux éléments qui ne correspondent pas aux standards catalographiques français actuels. A titre d'exemple, le rôle des interprètes dans la réalisation des oeuvres audiovisuelles n'est pas retenu dans les mentions de responsabilité, ce qui est préjudiciable pour un code destiné, en outre, à permettre une multiplication des relations entre les entités. RDA a aussi privilégié de nombreuses solutions pratiques en fonction des cas, parfois aux dépens d'une logique d'ensemble, à la fois plus complexe et rationelle, qui caractérise davantage les normes françaises.

... qui n'est pas toujours adapté au modèle FRBR

Le code RDA demeure malgré tout très ouvert et adaptable : seul un nombre restreint d'éléments bibliographiques sont obligatoires ("Core elements"), les autres constituant des options ("optional addition" ou "optional omission"). Cela témoigne de son ambition et devrait favoriser son adoption, mais peut aussi porter préjudice à une véritable interopérabilité des métadonnées constituées. En effet, une variable trop importante dans les points d'accès pourrait nuire à leur uniformisation. Or, la possibilité de pouvoir échanger rapidement les données est une condition essentielle de la mise en place effective du modèle FRBR et des FRAD.

 

Par ailleurs, selon le groupe technique chargé de réfléchir aux possibilités d'une adoption de RDA en France, le code accuse encore un certain nombre de règles jugées archaïques, au regard des potentialités qu'offrent les outils informatiques contemporains : par exemple, l'omission de l'article initial dans les titres n'a pas été jugé comme pertinente. Enfin, le code n'est pas adapté à certaines ressources comme les ressources cartographiques ou les images animées.

La nécessité d'anticiper le passage à RDA

Malgré ces écueils, il est nécessaire d'anticiper dès à présent le passage à RDA, afin de ne pas s'éloigner des standards internationaux, notamment pour faciliter l'insertion dans les catalogue des ouvrages étrangers. On se dirige actuellement vers une adoption d'un "RDA adapté", après la révision d'un certain nombres de points, dont certains ont été évoqué ci-dessus. Cette révision devrait être amorcée dans le courant de l'année 2013, et impliquera à terme un certain nombre de bouleversements : le rôle de l'AFNOR, notamment, devra être redéfini, et des formations importantes devront être mises en place.

 

rda@abes

Lisez et faites lire le numéro 87 d’Arabesques ! (jeu., 12 oct. 2017)
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