De nouvelles pratiques de catalogage

La mise en œuvre du FRBR modifiera en profondeur les pratiques de catalogage : la mutualisation sera le maître mot. Au début de la chaîne, des catalogueurs experts, au sein des agences bibliographiques, constitueront des entrepôts de métadonnées d'autorités, dans une « course à la qualité » comme le prédit Marc Maisonneuve et à sa suite Jean Bernon ; de l'autre, les bibliothèques géreront uniquement leur données locales (niveau des items), reliées aux métadonnées grâce à des systèmes d'identifiants pérennes tel que le système ARK - (Archival Resource Key) utilisé par la BNF.

Des besoins importants en formation

Quel que soit le scénario adopté en vue de la mise en place de catalogues constitués selon le modèle FRBR, les conséquences en matière de catalogage seront importantes, et nécessiteront des programmes de formations spécifiques. A terme, ce modèle devrait réduire considérablement le temps passé dans des tâches de catalogage dans les bibliothèques de lecture publique, en raison de la nécessité de procéder à des échanges accrus de points d'accès normalisés. Cela pose toutefois plusieurs questions, comme celle du rôle de chaque acteur dans la constitution de ces réservoirs de notices. Des outils adaptés et d'usage simple pour la récupération des notices sont donc à prévoir. C'est enfin une véritable évolution des habitudes de travail qui s'avère nécessaire, en acceptant davantage de mutualisation, dans un paysage des bibliothèque de lecture publique très éclaté.

Une transition à planifier

La passage à un modèle FRBR pose aussi de nombreux problèmes en terme de transitions. Se pose notamment la question du rôle exact de la BnF, comme tête de réseau des établissements de lecture publique. Dès  présent, les catalogueurs devraient se montrer particulièrement attentifs dans la transcription de toutes les données susceptibles de faciliter à terme une "FRBRisation" des catalogues.

 

Les contraintes se présentent aussi en terme de coûts. Par exemple, la possibilité de "FRBRiser" rapidement une partie d'un catalogue, sans même avoir recours à RDA, a été démontré par la BnF avec sa base data.bnf.fr, réalisée à l'aide du logiciel CubicWeb. Mais la "FRBRisation" massive de production de notices n'est pour l'instant pas envisageable en raison du manque de moyens.

 

Le rôle que joueraient les éditeurs dans cette transition est aussi décisif, et n'a pas encore été précisément établi. Pour l'instant, Electre n'envisage pas de renoncer à ses droits sur les notices qu'il produit. De son côté la BNF a fait le choix de placer les données de data.bnf.fr sous Licence ouverte de l'Etat, ce qui les rend utilisables librement à condition de nommer la source.

 

Enfin, les pratiques de catalogages évolueront, bien entendu, en même temps que l'offre en matière de SIGB. En ce qui concerne l'enseignement supérieur, il faut aussi tenir compte du projet de l'ABES de système de gestion des bibliothèques (SGB) mutualisé, pour lequel un appel d'offres pour un groupe d'établissements pilotes est prévu à l'automne 2013. Dans ce cas, ce sont aussi les problèmes liés à la sécurité des données conservées dans le "cloud" qui doivent être soulevés.

rda@abes

Lisez et faites lire le numéro 87 d’Arabesques ! (jeu., 12 oct. 2017)
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